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16/11/2018

} Absentéisme : des pistes pour agir

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Si, selon Aristote, « tout progrès commence par une mesure », l’absentéisme n’échappe pas à la règle.

 

D’après l’enquête 2018 du référentiel de l’absentéisme, présentée par Gurvan COLLIN, fondateur associé – GPA Initiatives et Roch CHEVIGNARD – responsable RH Consulting SEGECO, 80% des entreprises interrogées connaissent leur taux d’absentéisme. Ce dernier n’étant pas normalisé, il peut varier fortement d’un secteur d’activité à l’autre, voire d’une entreprise à l’autre. 8% d’absentéisme constitue le seuil critique au-delà duquel l’absentéisme s’auto-génère. Au-delà de 12%, l’entreprise est toujours déficitaire, et l’accroissement du taux d’absentéisme dans le management intermédiaire constitue toujours une alerte.

Deux conclusions se dégagent de ce constat : l’absentéisme est autant une donnée humaine et sociale, qu’une donnée économique (nécessité de prendre en compte les coûts directs et indirects).

Il est d’abord et avant tout une question de management au sein de l’entreprise. Dès lors, une fois mis en place les indicateurs de pilotage, il convient de s’interroger sur les leviers d’action pour réduire l’absentéisme.

S’agissant d’une problématique multifactorielle, ces leviers sont multiples et doivent souvent être combinés. Pour Magali JOURDAN, Responsable RH – UTC HVAC France, la palette est large.

« Au sein du réseau commercial, nous recourons à la contre-visite médicale, mais nous travaillons surtout à cultiver une certaine proximité avec les collaborateurs. L’entretien de ré-accueil nous y aide, et nos managers sont formés à la prévention des risques psycho-sociaux (RPS). Pour les non cadres, nous avons réalisé un audit QVT, et nous allons jusqu’à attribuer 2 jours de congés supplémentaires par an. Résultat : notre taux d’absentéisme est cantonné autour de 6% et nous mesurons concrètement l’impact positif des mesures mises en œuvre ».

Chez HOMESERVE, tout a commencé par la mise en place d’un comité QVT dont l’action a permis de faire passer le taux d’absentéisme de 9% à 6% en 2 ans et demi.

Après identification des causes, un travail important a été réalisé sur l’organisation du travail.
Pour Christelle de MAGLIE, RRH HOMESERVE, « les actions ne doivent pas concerner que les absents. Ainsi, au-delà des entretiens de ré-accueil (aussi appelés « welcome back »), une cellule d’écoute psychologique est à la  disposition de tous les salariés ».

Autre levier d’action : la contre-visite médicale. Selon Florence ANGLEYS, responsable opérationnelle – SESAME, « l’arrêt  de travail non médicalement justifié autorise l’employeur, dans plus de 40% des cas, à suspendre le versement du complément de salaire. En outre, l’impact psychologique de la contre-visite médicale n’est pas chiffrable, mais il est réel ».

Au-delà de la sanction, Luc AUDINET –  chargé de prévention – UIMM Lyon-France, insiste sur l’importance de travailler sur les RPS, et notamment sur la prévention du harcèlement (rappelons que ce dernier permet de s’affranchir du barème prud’homal dans le cadre d’une procédure de licenciement). Il souligne également l’évolution du comportement des jeunes générations face aux risques (champs électromagnétiques, lumière bleue…), et invite les entreprises à s’adapter.

En clôture des échanges, Claude JOLLY, 1er Vice-Président et chef de file MEDEF à la  CPAM du Rhône, a décrit la pratique des caisses primaires en matière de contrôle médical. Il a rappelé que le contrôle portait aussi bien sur les prescripteurs, que sur les salariés, invitant au passage les employeurs à signaler tout abus, tant auprès de la CPAM, qu’auprès de leur organisation professionnelle, voire auprès du conseil de l’ordre des médecins.

Pour aller plus loin :

 

 

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