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23/04/2014

} Questions / Réponses d’actualité avec Pierre Gattaz

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SMIC Jeune, Assurance chômage, nouveau gouvernement, temps de travail et travail du dimanche, baisse des dépenses publiques… le MEDEF donne son point de vue et ses arguments sur ces sujets d’actualité.

 

SMIC jeune / SMIC en général


Contexte :
- Suite à une question posée à la conférence de Presse du mardi 15 avril, le Président Gattaz a répondu que l’idée d’un salaire inférieur au SMIC dans certains cas et de manière temporaire pouvait être évoqué avec les partenaires sociaux dans le cadre de discussions à venir.

- Il a précisé que ce salaire pourrait être complété par d’autres formes de revenus (type RSA) pour que ces publics aient un revenu global suffisant pour vivre.

- Cela a provoqué une série de dépêches en partie erronées car évoquant le « SMIC jeunes ».

- L’idée développée était plutôt de parler de publics qui sont éloignés de l’emploi (personnes au RSA depuis longtemps, SDF, jeunes en absence de qualification, etc.) ou de certains métiers, notamment de services, qui sont difficiles à équilibrer économiquement avec un SMIC.

- C’est aussi un sujet dont nous sommes saisis sur le terrain par certains entrepreneurs.

 
Ligne globale :
- L’emploi doit être au cœur de nos réflexions. Cela impose aussi de revenir sur certains dogmes en ouvrant des discussions.

- Il y a un problème aujourd’hui sur des populations éloignées de l’emploi, et il faut peut-être accepter de sortir des cadres pour trouver des solutions.

- L’emploi et le travail sont des moyens forts de redonner de la fierté aux gens.

- Est-ce qu’il vaut mieux qu’une personne qui est loin de l’emploi trouve un travail payé « hors SMIC » dans un premier temps pour lui permettre d’aller vers un travail plus pérenne, avec un complément de salaire payé par la collectivité, plutôt que de la payer au RSA sans fin ?

- Nous n’avons pas forcément la réponse, mais nous pensons que c’est un sujet dont on doit discuter avec nos interlocuteurs.

- Après, ce que nous proposons, c’est d’en débattre. Je ne vois pas ce qu’il y a de scandaleux à vouloir en discuter.
 
Pourquoi faites-vous cette proposition de sous-SMIC pour les jeunes ?
- Nous n’avons jamais fait de proposition de sous-SMIC pour les jeunes.

- Nous disons simplement qu’il existe un problème de retour à l’emploi pour des populations qui en sont éloignées durablement (personnes au RSA de longue durée, jeunes sans qualification aucune et notre système scolaire en produit, etc.).

- Nous pensons que le travail et l’emploi sont des moyens puissants de resocialisation. Et qu’il vaut mieux aider à revenir vers le travail et l’emploi que développer des politiques d’assistanat long terme.

- De plus, il ne s’agit pas d’une proposition mais du souhait d’ouvrir le débat pour certaines catégories de personnes et de manière temporaire.
 
Vous considérez qu’on peut vivre dignement aujourd’hui avec moins de 1.100 euros net par mois ?
- Notre propos n’est pas de dire qu’il faut rester durablement avec des emplois moins payés que le SMIC mais que de manière temporaire, dans certaines situations, on peut peut-être l’envisager. De même, on peut envisager de compléter ce salaire de base par des revenus type solidarité.

- Si l’alternative, c’est un RSA à 490 euros ou un emploi mieux payé que 490 euros, on peut sûrement regarder le problème.

- J’appelle simplement à regarder les choses dans leur ensemble.

- Est-ce que rester longtemps au RSA est une solution ?

- Un SMIC trop fort ne favorise pas la progression salariale ni le retour à l’emploi.

- Ce n’est pas le MEDEF qui le dit, c’est plusieurs économistes aujourd’hui (Gilbert Cette, Philippe Aghion, Pascal Lamy), et Bruxelles et d’autres pays européens (Angleterre, Allemagne) qui l’ont mis en place.

- On peut continuer notre préférence pour l’exclusion et le chômage de masse, mais ce n’est pas notre ambition.
 
Vous vouliez ouvrir le débat et vous prenez une fin de non-recevoir des syndicats et du gouvernement. A quoi cela vous sert d’agiter ce chiffon rouge ?
- J’ai vu des premières réactions épidermiques. Même pour certaines assez caricaturales.

- Je regrette que certains syndicats refusent même de regarder le problème et d’en parler. Cessons les postures, soyons pragmatiques.

- Mais ne faut-il pas laisser le débat s’organiser ? Nous voulons regarder toutes les solutions pour lutter contre le chômage.

- Et je précise que le MEDEF n’a jamais fait de « propositions », mais a juste réagi à une question et est prêt à ouvrir le débat et à en parler.
 

Assurance chômage. MEDEF Combat.



Aurélie Filippetti souhaite revenir sur le différé de versement des indemnités pour les intermittents. Que lui répondez-vous ?
- Nous avons mené une négociation très difficile sur la réforme de l’assurance chômage en général.
Et nous avons obtenu, fait historique, l’ouverture de discussions avec l’État sur le dossier des intermittents.

- Sur cette mesure précise, je ne peux pas croire un instant que le gouvernement reviendra sur un accord signé par les partenaires sociaux et qui vise à limiter les iniquités du système.

- Après, je sais que nous discutons encore avec les organisations syndicales signataires pour s’assurer que les nouvelles dispositions permettent de corriger des iniquités sans fragiliser le système pour les « vrais » salariés du monde du spectacle qui ont besoin de ce système.
 
Mais on attendait un MEDEF de combat et on voit plutôt un MEDEF réformateur pas à la hauteur.
Vous avez par exemple signé l’assurance chômage.

- Notre combat, ce n’est pas un combat contre le Gouvernement, mais un combat pour l’emploi.

- Ce combat, il passe par :
1/ un discours de vérité – nous disons clairement quelle est la situation de la France et on nous le reproche.
2/ de la pédagogie et de l’explication. Nous sommes attentifs à expliquer nos positions.
3/ De l’action. Mais cette action nous voulons l’inscrire dans un dialogue pertinent. Nous n’avons pas pour objectif de renverser la table.

- Sur cette question de l’assurance chômage, j’entends que certains sont déçus. Mais je rappelle qu’il s’agit tout de même de :
* 800 millions d’économie la première année et 700 millions la seconde. Puis, on renégociera avant l’entrée en pleine puissance des droits rechargeables.
* Que l’alternative, c’était de ne pas signer et de laisser la gestion de l’assurance chômage au gouvernement. Il ne me semble pas que ce dernier ait fait preuve de sa capacité de gestion jusqu’à présent.
* Donc oui, l’accord ne va pas aussi loin qu’on pouvait l’espérer. Mais ce n’est pas un accord « a minima » comme j’ai pu lire par-ci par-là.

- Enfin, je trouve un peu extraordinaire que la presse ait parié pendant toute la négociation sur l’échec ou le fait que le MEDEF ne réformerait rien et quand, au final, on sort une réforme non négligeable, elle considère que c’est nul.
 

Nouveau Gouvernement.



Est-ce que vous êtes content de ce nouveau Gouvernement ? Est-ce que vous appréciez Manuel Valls ? Arnaud Montebourg ? etc.
- Je n’ai pas à être content ou pas content. Le MEDEF travaille avec le Gouvernement en place, quel qu’il soit.
 
Que pensez-vous du rattachement du commerce extérieur et du tourisme au quai d’Orsay ?
- Aujourd’hui, la capacité d’influencer sur la scène internationale passe de plus en plus par l’économie.
Avoir, dans notre logique extérieure, la dimension économique ne me choque donc pas.

- Cela dit, il faut bien que toute la dimension économique soit prise en compte et que nos diplomates acceptent et comprennent qu’aider nos entreprises à l’international est une dimension clé de leur travail. Il s’agit d’un changement de culture.

- Enfin, il faut que les ministères acceptent de travailler ensemble comme dans nos entreprises : on a un chef de file à l’international et plusieurs équipes qui travaillent en commun, Quai D’orsay, Bercy, etc. en bonne coordination.
 
Ségolène Royal va rouvrir le chantier périlleux de l’éco-taxe. Qu’elle est la position du MEDEF sur ce dossier ?
- Ce dossier est devenu le symbole du ras-le-bol fiscal de tous les Français, particuliers comme entrepreneurs.

- Le financement de nos infrastructures de transport mérite un vrai débat et devra trouver une réponse à la hauteur de l’enjeu d’attractivité de notre pays.

- Néanmoins, il faut sortir de la facilité consistant à créer une nouvelle taxe dès qu’un sujet apparaît. Nous devons changer de culture et regarder comment, par des économies, par des redéploiements, nous pouvons dégager les ressources nécessaires à de grands projets.

- Nous sommes prêts à regarder avec le Gouvernement pour trouver d’autres solutions de financement.
 

Travail le dimanche et le soir.



Le Conseil Constitutionnel a validé le droit entourant le travail le dimanche. Qu’en pensez-vous ?
- Qu’il faut changer le code du travail sur ce sujet. Le Conseil constitutionnel a validé un texte par rapport à la constitution.

- Je crois que nous pouvons faire évoluer le code du travail et rester conforme à la constitution.

- Or aujourd’hui, quelle est la situation ? Elle est simple : les habitudes de consommation ont changé, les français veulent pouvoir aller faire leurs courses aussi le dimanche et le soir. En termes touristiques, on perd énormément de point de croissance car nous sommes la première destination touristique mais la 6e en terme de consommation unitaire par touriste.

- Bref, on peut créer de la croissance et de l’emploi facilement, voulu par les salariés car sur une base volontaire. Il faut ouvrir le débat.
 

Temps de travail.



Faut-il remettre en cause les 35h ?
- Redresser notre économie passera aussi par la nécessité de travailler plus.

- Donc, oui, il faudra bien un jour ou l’autre mettre sur la table la question du temps de travail.

- Mais comment, à quelle échéance et selon quelle modalité autour des 35h, il faut en discuter sereinement.

- Mais on peut imaginer des premières mesures rapides qui aident l’économie : par exemple supprimer 1 ou 2 jours fériés. On en a 11 en France, ce qui est dans la moyenne européenne. On peut peut-être revenir sur ce sujet.
 

Trajectoire européenne / dépenses publiques.



Est-ce que vous êtes d’accord pour que le gouvernement renégocie ses engagements au niveau européen ?
- Je crois qu’il est important de respecter la parole donnée et que la réduction des déficits est clé pour notre compétitivité.

- Cela passe par une stabilisation des dépenses publiques.

- Aujourd’hui, contrairement à ce que dit le Gouvernement, nous ne baissons pas les dépenses, même avec 50 milliards d’économie. Nous ralentissons la hausse.

- Je rappelle que les dépenses publiques augmentent d’environ 30 milliards par an aujourd’hui, et que le Gouvernement prévoit 50 milliards d’économie en 3 ans. Bref, on est loin du compte. Même avec les économies annoncées, on passe de 120 de dépense en 2014 à 130 en 2017. Je n’appelle pas ça une
baisse.

-Donc, je crois qu’il faut plutôt aller plus fort sur les dépenses publiques plutôt que de renégocier avec Bruxelles.
 
L’euro est-il trop fort ?
- La monnaie est un facteur de compétitivité. Je ne crois pas qu’on puisse laisser dériver la monnaie à la hausse ou à la baisse sans réagir.

- Après, la question du niveau de l’Euro ne doit pas être un cache misère pour nous empêcher de faire les réformes indispensables à la compétitivité de notre économie.

- Je crois que l’Euro est un peu élevé actuellement, mais il est toujours difficile de dire à quel niveau il doit se situer.

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