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16/11/2011

} Laurence Parisot : un « nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité de la France »

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Au cours de son point de presse hier, la présidente du Mouvement des Entreprises de France a proposé « un Nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité de la France ».
  • Convaincue de la nécessité d’assainir les finances publiques, Laurence Parisot a rappelé l’urgence « de travailler sur les dépenses, la réduction des dépenses, ou l’optimisation dans l’engagement de ces dépenses ». Mais « le désendettement, la capacité à créer de la croissance et à créer des richesses passe par la dynamisation de l’économie, par la possibilité accrue que l’on va donner, ou pas, à nos entreprises pour qu’elles mettent en œuvre la trilogie investissement-consommation-emploi », a rappelé la présidente du MEDEF.

Dans cet esprit, la présidente du MEDEF a présenté, avec le président de la commission Protection sociale du MEDEF, délégué général de l’UIMM, Jean-François Pilliard, un projet de réforme du financement de la protection sociale. Notant que malgré la montée en puissance de la CSG, la protection sociale reste très largement financée par les cotisations sociales, Laurence Parisot a proposé un projet de réforme « à prélèvements constants », en forme de « double hélice » qui prévoit la baisse des cotisations sociales et des cotisations employeurs, d’une part, le relèvement de la CSG et de la TVA de l’autre. Un double mouvement qui présente plusieurs avantages, juge le MEDEF. Il permet d’augmenter le salaire net et de gagner en compétitivité via un allègement des cotisations employeurs.

  • L’organisation patronale a travaillé sur trois scénarios chiffrés. Le premier table sur une baisse des cotisations employeurs de 3,5 points compensée par une hausse de tous les taux de TVA (qui iraient jusqu’à 22 %) et d’une baisse des cotisations salariales de 1,5 point, compensée par une hausse de 0,75 point de CSG. Le second table sur une baisse de 5,4 points des cotisations employeurs, contre une TVA relevée jusqu’à 23 % pour le taux normal et une baisse de 2,6 points de cotisations salariales contre + 1,2 point de CSG. Le troisième prévoit une baisse de 7,5 points pour les cotisations employeurs contre une TVA normale à 25 % et une baisse de 4,5 points de cotisations salariales contre 2 points de plus de CSG.

Parallèlement, le MEDEF juge nécessaire d’« introduire un distingo entre ce qu’on appelle la logique assurancielle et la logique de solidarité ». Sa présidente a ainsi pris pour exemple la branche famille, financée à 65 % par les cotisations patronales, alors que les allocations correspondantes « relèvent d’une logique de solidarité qui justifierait un financement par l’impôt ». Au passage, le MEDEF note que les dépenses familles sont entièrement fiscalisées en Allemagne. Concernant la maladie, l’universalisation du système, avec la création de la CMU, et son étatisation, justifient que « s’engage un grand débat », estime Laurence Parisot, qui avait déjà évoqué le sujet dans ouvrage « Besoin d’air ». S’agissant des retraites, pourraient relever de la solidarité les minima, les droits familiaux ou encore les périodes validées au titre du chômage, de la maladie et de la maternité, préconise le MEDEF.

  • Mais Laurence Parisot entend aller au-delà du débat franco-français, en plaidant pour un « espace social européen par une convergence taux/prestations sociales à long terme ». Concrètement, serait instauré « un taux de cotisation maximum sur le long terme permettant de préserver la compétitivité des entreprises françaises et l’emploi », avance la présidente du MEDEF.

FRANCE 2, FRANCE 3, LCI, I TELE, BFM TV, BFM BUSINESS, EUROPE 1, RTL, FRANCE INTER, FRANCE INFO, RMC, BFM, RADIO CLASSIQUE, FRANCE CULTURE, RFI reprennent les propositions de la présidente du MEDEF.
« Le MEDEF veut relancer le débat sur la TVA sociale », titre en « une » LES ECHOS (page 1-6). « En présentant hier une réforme ‘à prélèvements constants’ et qui ne modifierait pas le modèle social actuel, le MEDEF a voulu rendre le sujet, techniquement complexe et politiquement sensible, plus lisible ». Dans cet esprit, « Laurence Parisot et Jean-François Pilliard, président de la commission Protection sociale du MEDEF, ont présenté leur projet » : « pour baisser le coût du travail tout en rendant la réforme acceptable pour les ménages, il s’agit d’opérer un double mouvement de baisse des cotisations employeurs mais aussi salariales, compensé par des hausses de TVA et de CSG ». Ainsi « le projet patronal, assez original, actionne en fait quatre leviers », relève LA CROIX (page 1-3). « Il s’agit d’une part de baisser les cotisations employeurs des branches famille et/ou maladie en contrepartie d’une hausse des différents taux de TVA, et d’autre part de baisser les cotisations salariales maladie et retraites, en contrepartie d’une hausse de la CSG », précise le quotidien. Un projet « inédit », souligne LE MONDE (page 9), tandis que LE FIGARO (page 4) indique que le MEDEF compte soumettre ce nouveau pacte fiscal et social aux candidats à la présidentielle. LA TRIBUNE (page 5) reprend les arguments du MEDEF et le FINANCIAL TIMES (page 2) souligne la détermination de Laurence Parisot à convaincre les candidats à l’élection présidentielle : cette réforme est « indispensable » si la France veut aider ses entreprises.


Nouveau jour de carence : un coût pour les entreprises, rappelle Laurence Parisot

Invitée de Jean-Michel Aphatie ce matin, Laurence Parisot a évoqué l’instauration d’un quatrième jour de carence appliqué aux salariés en arrêt maladie. « J’aurais apprécié un minimum de concertation sur le sujet (…). Cela va coûter de l’argent aux entreprises parce que dans la plupart des cas, ce sont les entreprises qui paient ces journées de carence », a rappelé la présidente du MEDEF sur RTL. « Cela va coûter 200 millions d’euros aux entreprises et ce n’est vraiment pas le moment d’augmenter les charges des entreprises », a souligné Laurence Parisot. Le gouvernement a annoncé mardi qu’un quatrième jour de carence allait être appliqué aux salariés du privé en arrêt maladie, escomptant une économie de 200 millions d’euros pour la Sécurité sociale.

  • Interrogée sur un risque de récession, « nous redoutons tous un ralentissement très sérieux de l’économie, même si les chiffres du troisième trimestre, en matière de croissance, sont relativement rassurants », a indiqué Laurence Parisot. C’est pourquoi « dans une situation de ce type, il n’y a qu’une chose à avoir à l’esprit, il faut être pro-business, il faut être pro-entreprise, il faut développer des politiques économiques qui favorisent, stimulent, la croissance de nos entreprises ». Et « c’est ce que nous proposons, nous MEDEF », avec le « Nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité ». Pour la présidente du MEDEF, « ce qui est nouveau, fondamental dans ce pacte, c’est que (…) nous proposons à la fois une baisse des cotisations payées par les salariés, afin d’augmenter leur pouvoir d’achat, et en même temps, la baisse de la cotisation payée par les employeurs ».

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